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Endormi, ou sans vie? La lumière d’une étoile ne brillera plus que dans les souvenirs.

« As I told you« . Cette chanson ne vous est peut-être pas inconnue, après avoir été reprise par des groupes populaires tels que BTS et STRAY KIDS. Elle fut en réalité chantée par KIM SUNGJAE, étoile montante de la Kpop, retrouvé mort le lendemain de ses débuts solos au SBS GAYO.
Né le 18 avril 1972, KIM SUNGJAE est fils d’une éducatrice et d’un businessman. Amené à souvent voyager à cause du travail de son père, il apprend des langues étrangères, et se découvre une passion et un talent certain pour la musique. Rapidement, il intègre un groupe de danse enfant, et en grandissant, il décide en 1993 de créer un duo de Kpop avec son meilleur ami LEE HYUNDO, sous le nom DEUX.
Âgé de 21 ans, SUNGJAE est présenté au monde en avril, lorsque son groupe sort le titre « Look at me and turn around me » qui devient un succès immédiat. Les deux garçons sont rapidement reconnus comme étant des icônes de mode, et leur talent, aussi bien en danse, en chant, et en composition, est reconnu par les critiques. SUNGJAE devient même modèle, et DEUX conquiert la Corée en devenant l’un des groupes les plus populaires et influents des années 1990.

Au sein du duo, HYUNDO s’occupait de la composition des chansons de DEUX, et SUNGJAE était en charge des chorégraphies ainsi que la direction artistique du groupe. Mais rapidement, malgré les nombreuses victoires musicales et les trophées reçus, le duo se sépare en 1995, car les deux garçons ont eu envie de se lancer en solo. Malgré tout, ils restent très proches et se font la promesse de reformer DEUX après qu’ils aient réussi à trouver le succès en solo. C’est donc le 19 novembre 1995 que SUNGJAE fait ses débuts avec le titre « As I told you ».
Là encore, le succès est au rendez-vous, cette première performance déchaîne les foules et les fans de DEUX et de SUNGJAE en redemandent, sans savoir que la performance qu’il a tenue au SBS GAYO était la première et la dernière de sa carrière qui rimait avec gloire. Une fois sa performance réalisée, il rentre à son hôtel, dans la chambre 57 du Swiss Grand Hotel à Séoul, accompagné de son manager, six de ses danseurs, dont deux étant étrangers, et sa petite-amie, connue du public. L’équipe passe la soirée ensemble, boit quelques bières, et décide ensuite d’aller se coucher chacun dans une chambre, SUNGJAE passant la nuit avec sa compagne.

À six heures du matin le lendemain, le 20 novembre, le manager tente de réveiller SUNGJAE, sans succès. Le pensant fatigué de sa prestation de la veille, qu’il attendait depuis des semaines, il le laisse dormir encore une heure. À sept heures en revanche, c’est épouvanté qu’il constate que le chanteur est en réalité décédé, et il se précipite pour prévenir les autorités. Il nota toutefois un fait étrange : la veille, il avait lancé la machine à laver de manière à ce qu’elle s’arrête aux alentours de 3h45 du matin, mais à six heures, elle était toujours en train de tourner. La police, une fois arrivée sur les lieux, déclare KIM SUNGJAE mort d’un arrêt cardiaque, sans doute liée à un surmenage.
Une fois l’autopsie réalisée, on constate que le tout jeune homme de 23 ans possède 28 marques de piqûres sur son bras droit. Les hypothèses d’un suicide émergent, peut-être que SUNGJAE se droguait ? Mais quelque chose ne colle pas : SUNGJAE étant droitier, comment aurait-il pu se piquer sur le bras droit avec précision ? La piste de l’overdose médicamenteuse est écartée assez rapidement, mais le choc persiste dans la population qui a perdu un de ses artistes les plus aimés.

De plus, SUNGJAE avait pour habitude d’enlever son tee-shirt sur scène ou dans les backstages, donc quelqu’un aurait forcément remarqué s’il se droguait. Il dormait également torse nu, ou parfois vêtu d’un tee-shirt, mais il fut retrouvé mort dans un pull offert par sa petite-amie, pas encore démaquillé de sa performance quelques heures plus tôt. La mère du chanteur est formelle : jamais ô grand jamais son fils n’allait se coucher sans se démaquiller, aillant conscience qu’il fallait avoir une peau parfaite pour être idole. Le fait qu’il ait été retrouvé maquillé, en pull, est plus qu’intriguant.
Le 5 décembre, les résultats de l’autopsie tombent suite à une analyse chimique supplémentaire et son résultat surprend la Corée : SUNGJAE est mort d’un surdosage de Tiletamine Zolazepam, également appelée Zoletil, un anesthésiant pour animaux, une première dans les enquêtes criminelles de la péninsule. Le Zoletil obstruant les veines, cela aurait pu expliquer pourquoi il a été piqué de si nombreuses fois. Mais la police ayant préalablement pensé qu’il était mort d’un infarctus, des précautions n’ont pas été prises pour préserver la scène de crime et le corps du défunt, conduisant quelques années plus tard à un cold case (affaire classée)…

Immédiatement, la petite-amie est inculpée pour meurtre, étant la dernière personne à avoir vu SUNGJAE en vie après avoir partagé sa chambre d’hôtel. De plus, elle était connue pour être obsédée par le chanteur. Régulièrement, elle lui téléphonait, ou à ses amis, pour savoir ce qu’il faisant, quand, où et avec qui, et est même monté sur scène lors d’une performance de DEUX pour crier aux fans de laisser son copain tranquille, lui a tiré « par accident » dessus avec un pistolet à gaz, et l’attacha avec du ruban adhésif dans son lit pour ne pas qu’il puisse sortir signer un contrat lié à sa carrière musicale. Sortant depuis deux ans ensemble avant sa mort, SUNGJAE avait tenté de rompre.
Peu de temps avant ses débuts en solo, l’idole s’est rendu aux États-Unis où il a fait la rencontre d’une autre jeune femme. Contrariée de savoir son ex-petit ami dans les bras d’une autre, celle qui a été appelée « KIM » par les médias pour protéger son identité appelait jusqu’à soixante fois par jour le chanteur. À son retour en Corée, il se remet en couple avec KIM, peut-être par lassitude, peur, ou, car ils avaient réglé leurs problèmes de couple. Même si les raisons de ce rapprochement n’ont jamais été connues, il a été dit qu’au moment de la mort de l’artiste, le couple était sur la même longueur d’onde et ne se querellait plus autant qu’avant.

Ce comportement extrême conduit donc les enquêteurs sur sa piste. On apprit rapidement qu’elle avait soudoyé les policiers pour ne pas qu’ils procèdent à une autopsie, mais celle-ci ayant tout de même été réalisée, elle demanda au médecin légiste de le déclarer mort d’un infarctus, ce qui une fois encore ne fut pas fait, puisqu’il apporta les preuves de l’empoisonnement au Zoletil devant le tribunal. Fait encore plus troublant, KIM avait acheté de la Tiletamine début novembre dans une clinique vétérinaire.
Lors du procès qui durera deux ans et trois mois, la jeune femme se défendit comme ayant eu besoin du médicament pour euthanasier son chien qui souffrait de problème de santé, puis elle changea de version pour dire qu’elle avait songé à se suicider tant son amour pour SUNGJAE était fort. Elle a cependant bel et bien tué son chien, qu’elle remplaça aussitôt par un de la même race pour que ses proches ne se rendent compte de rien. Elle était même retournée chez le pharmacien vétérinaire le 1er décembre, après la mort de son compagnon, pour lui dire de ne pas informer la police qu’elle avait acheté le produit chez lui. Elle avait également mis au courant SUNGJAE de cet achat, prétextant que c’était pour son chien donc, en lui disant de n’en parler à quiconque.

Les fans, et les avocats de la victime n’ont pas tardé à penser que le chien n’était qu’un test pour voir si l’injection de Zoletil à forte dose était mortelle, d’autant plus que KIM aurait demandé au pharmacien si les molécules chimiques du médicament pouvaient apparaître sur un rapport d’autopsie. En outre, elle était à l’époque étudiante en médecine, et savait donc comment et où piquer quelqu’un. Il n’en a pas fallu plus à la police pour l’arrêter, pensant que le mobile était une potentielle rupture entre les deux conjoints. Elle sera condamnée à mort lors d’un premier procès, dont la peine sera assouplie en appel pour devenir une condamnation à vie. Le juge déclara lors du procès de KIM :
« Avant que KIM SUNGJAE ne s’envole pour les États-Unis le 15 novembre 1994, il a rompu avec sa petite-amie au téléphone. La petite-amie a alors décidé de commettre le crime, et a acheté des anesthésiques pour animaux, du sulfate de magnésium, et deux seringues d’une clinique pour animaux à Seocho-gu, et a dit à la clinique de ne parler à personne de son achat. Le jour où il a performé dans une émission musicale, il était fatigué, alors elle lui a menti en lui disant qu’elle allait lui injecter une substance vivifiante, et la lui a injectée dans son bras droit 28 fois pour qu’il ressemble à un toxicomane mort d’une overdose. »
KIM ne se laissant pas faire, la jeune femme qui avait 25 ans à la mort de SUNGJAE fit une seconde fois appel. La machine à laver est un des arguments du parti de la victime, prétextant que les horaires de lavages ne coïncidaient pas, et qu’elle avait dû faire tourner une deuxième machine vers quatre heures avant de quitter l’hôtel, probablement pour masquer d’éventuel bruit. Mais coup de théâtre, le pharmacien revient sur ses propos, affirmant ne plus se souvenir si oui ou non il a vendu à KIM le Zoletil. Faute de preuve l’incriminant, elle est acquittée et aussitôt libérée.
Pendant les deux précédents procès, l’avocat de KIM avait tenté de rejeter la faute sur un des danseurs étrangers de SUNGJAE, qui aurait été jaloux du succès du jeune homme, danseur qui avait pris l’avion le 20 pour rentrer chez lui ce qui paraissait suspect. Les charges ont rapidement été abandonnées, et HYUNDO, le meilleur ami de SUNGJAE et membre de DEUX exprima publiquement son mécontentement à l’idée de savoir que la meurtrière de son ami était en liberté malgré les preuves accablantes.
KIM venant d’une famille riche et influente, et un de ses oncles étant un politicien renommé, beaucoup de soupçons entourent son acquittement. Aujourd’hui, elle est mariée, dentiste, et a changé de nom ainsi que de visage après avoir eu recours à de la chirurgie esthétique pour ne pas être inquiété par les fans de SUNGJAE. Ces mêmes fans ont fait des pétitions pour réouvrir le procès, pas plus tard qu’en 2021, mais une loi protège KIM : si quelqu’un a été acquitté lors d’un procès, il ne pourra plus être inculpé pour la même affaire criminelle, même si de nouvelles preuves confirment la culpabilité de l’accusé.

En 2019, la chaîne SBS a souhaité diffuser une émission par deux fois sur la mort de SUNGJAE dans l’émission « UNANSWERED QUESTION », qui a été interdite de diffusion à la suite d’une plainte de KIM pour atteinte à l’image, l’émission ayant été tournée sans son accord, mais en utilisant son image. Dans l’émission, de nouvelles preuves sont justement dévoilées, et la mère de SUNGJAE était parmi les invités. Lors de la deuxième interdiction de diffusion, le juge déclara :
« La diffusion précédente et celle-ci ne diffèrent que par leur raisonnement, mais au final, elles suggèrent toutes deux que le demandeur de l’injonction [KIM] aurait pu commettre le meurtre. »
Il fut toutefois reconnu que KIM avait acheté 5ml de Zoletil, 7mg de sulfate de magnésium, et deux seringues. Selon le pharmacien entendu lors des procès, 5ml aurait permis d’endormir en quelques minutes SUNGJAE pendant un quart d’heure, mais ne l’aurait pas tué, car il aurait fallu cinquante fioles de 5ml pour rendre le produit mortel. En juin 2023, le producteur de la SBS déclaré qu’il essaierait par tous les moyens que son documentaire sorte, quitte à passer par Netflix, car étant une plateforme américaine, elle ne pourrait pas être interdite de diffusion même en étant diffusée en Corée. Si le documentaire voit le jour, il sera divisé en trois épisodes.

La mort de SUNGJAE reste encore aujourd’hui une des plus marquantes et énigmatiques dans le monde de la Kpop. Avec les informations à notre connaissance, avez-vous une hypothèse ? Qui selon vous a commis le crime ? La famille de l’artiste, et principalement son frère, continue de se battre afin de connaître la vérité, pour que SUNGJAE puisse un jour reposer en paix et que son meurtrier soit enfermé derrière les barreaux.
Journaliste : Pillet Anaïs
Sources : KSTATION TV, voir sous photos
Je connaissais pas cette histoire merci pour le partage