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« Je vais te prouver mon innocence », un acte qui coûtera la vie.

La Corée en 1978 est sous la présidence de PARK CHUNGHEE, une présidence prospère où le pays connaît une croissance économique des plus fulgurantes. Dans la ville de Gunsan, dans la région du Jeolla du Nord, la distillerie Baekwha (백화양조) jouit également de cette période, et devient rapidement renommée pour sa liqueur. Elle a en effet remporté le premier prix à la foire nationale des alcools en 1950, et les deux années suivantes, ne cessant de faire fructifier son activité les décennies qui suivent.
Fière de son succès, la distillerie va pourtant connaître une tournure tragique en 1978 qui en l’espace d’un an lui fera mettre clef sous la porte. Voici le premier cas d’utilisation de polygraphe de Corée !
8 avril 1978. La panique règne à Baekwha, suite à la découverte d’une masse dans un de ses barils de liqueur : le corps dénudé d’une jeune étudiante de dix-huit ans. KIM est lycéenne dans un lycée commercial pour fille, réputée comme studieuse et dotée d’une grande beauté. Les garçons du lycée masculin lui rendent souvent visite, espérant pouvoir conquérir son cœur, mais il appartient déjà à KANG, second fils du président de la filiale de la distillerie. Se connaissant depuis l’école primaire, les deux adolescents ont fini par sortir ensemble au lycée, KIM allant même passer des nuits chez KANG, un acte audacieux dans un pays qui à l’époque ne voyait pas d’un très bon œil les relations hors mariage. Mais alors qu’elle était issue d’une famille aux revenus modestes, dont les parents étaient professeurs, lui venait d’un environnement aisé sans limites.
Quand le corps de KIM a été retrouvé, les questions émergèrent de suite : qui est responsable de sa mort, et surtout, pourquoi est-elle nue ? KANG est alors arrêté, car étant celui l’ayant aperçu pour la dernière fois. Ses propos sont confus, prétextant une affaire de jalousie et la santé fragile de la jeune fille. Les garçons lui tournant autour, elle acquit rapidement une réputation de fille facile, engageant des actes de promiscuité avec eux. Lorsque KANG entendit ça, il fut fou de rage, lui qui avait déjà la réputation d’être un voyou. Mais à cette époque, un couvre-feu national avait été imposé de minuit à 4h du matin, et KIM préparait assidûment son examen d’entrée à l’université, était-ce donc réellement le cas ?
C’est dans les environs de 16h30 que KANG donne rendez-vous à KIM devant chez elle afin de discuter. Les deux adolescents parlent initialement de tout et rien, mais rapidement le garçon suggère d’aller visiter le laboratoire de la distillerie Baekwha, parvenant à y pénétrer lorsque le gardien s’absente quelques minutes. Là, dans cette salle du deuxième étage contenant de gros barils de liqueur, ils sont seuls. Personne n’est à l’étage, pas un bruit ne résonne dans les couloirs, seulement leur conversation. KANG aurait demandé si la jeune fille aurait eu des relations sexuelles avec d’autres garçons, lui rappelant que c’était lui son petit-ami. Intimidant, au regard empli de colère, il la poussa dans ses retranchements.
KIM se déshabilla, se mettant totalement à nu devant son compagnon afin de lui prouver son innocence, où aucune trace ou tache suspecte ne parsemait son corps. Puis, prise soudainement de convulsion, elle se serait évanouie. KANG la croit morte, et paniquant, il décide de jeter son corps dans un baril avant de prendre ses vêtements et de les disposer de manière à ce que l’on pense à un suicide. Les employers ou le gardien pouvant débarquer d’une minute à l’autre, il fallait faire vite, puis il s’enfuit une fois le corps caché dans l’eau et l’acte maquillé. Initialement, la presse pensa à un malheureux accident, mais rapidement on se demanda pourquoi, si elle était inconsciente, elle ne s’était pas réveillée au contact de l’eau.

Mais nous n’aurons jamais la réponse à cette question, ni à aucune autre, car à l’époque, la Corée n’avait pas la technologie nécessaire pour pratiquer une autopsie. Le corps était resté plusieurs jours dans le baril, il était donc difficile de l’examiner pour en avoir le cœur net. Les rumeurs commencèrent à enfler de toute part, allant même à raconter qu’il l’aurait violé puis étranglé par jalousie de ses prétendues relations avec d’autres garçons, ou qu’encore elle l’aurait rejeté et que pris de colère il la noya. On a raconté aussi que la liqueur vendue les semaines précédentes la découverte du corps serait issue de ce baril, et que de ce fait, les consommateurs burent une eau contaminée.
Entre le 26 août et le 14 octobre 1978, plusieurs procès reconnurent coupable KANG de la mort de KIM, mais les peines s’atténuant au fil des mois. Initialement, il écopa de dix ans de prison, réduit à cinq en appel, puis trois, et enfin deux ans et six mois. En effet, on lui reconnut plusieurs circonstances atténuantes ; il était mineur au moment des faits, la majorité étant de vingt ans en Corée, et il la pensait morte. Cela ne pouvait donc pas être un homicide volontaire aux yeux de la justice. Faute de preuves, de caméras, et de témoin, la seule solution qui restait pour tenter d’établir un semblant de vérité fut l’utilisation d’une technologie qui commençait à se répandre de plus en plus aux États-Unis : le polygraphe, soit un détecteur de mensonges.
Au total, treize questions furent posées à KANG, les plus importantes étant :
- Avez-vous rencontré KIM le jour de l’accident ?
- Avez-vous enlevé les vêtements de KIM ou les lui avez-vous fait enlever ?
- L’avez-vous jeté dans le baril de liqueur ?
- Savez-vous comment KIM a eu accès au laboratoire du deuxième étage de la distillerie de Baekwha ?
- Savez-vous comment KIM est décédée ?
Mais à toutes ces questions, il répondit « non ». Néanmoins, le polygraphe considéra qu’il mentait, et qu’il fallait représenter le cas à la Cour Suprême. Contre toute attente, la Cour refusa les résultats du polygraphe, ne reconnaissant pas cette technologie et considérant qu’elle n’était pas à même d’apporter un résultat fiable. Finalement, moins d’un an après les procès, un Acte fut passé en mai 1979 affirmant que :
« Les résultats des tests du détecteur de mensonges et son rapport ne sont reconnus que lorsque la précision des résultats des tests est garantie à la lumière de diverses circonstances telles que la performance de la machine, l’état mental du sujet testé, la méthode de question, les connaissances, l’expérience, et la situation du site d’essai ».
La sentence finale de KANG fut donc trois ans d’emprisonnement pour intrusion et abandon de corps. Le journal Weekly Kyunghyang s’empara de l’affaire, et écrit un dossier complet au sujet de la victime, et de la distillerie. On fit passer KIM pour une fille désespérée en quête d’un homme riche, n’étant pas satisfaite de la situation modeste de sa famille. Ses parents furent dépeint comme lui ayant donné une mauvaise éducation, et que la distillerie avait profité pour commercialiser sa liqueur potentiellement contaminée. Baekwha acheta alors l’intégralité du stock de magazines produits afin de les brûler, mais une réédition fut publiée. L’entreprise refit la même chose, mais le mal avait déjà été fait.

La distillerie fut contrainte de vendre en 1979, avant d’être rachetée par le groupe Doosan en 1985 puis Lotte Liquor en 2009 où son alcool de riz continue aujourd’hui d’être produit sous le nom Baekwha Soobok. Quant à KANG, il fut libéré en 1981 après avoir purgé sa peine, et a changé d’identité afin de garder son anonymat et se réinsérer dans la société. La théorie qui subsiste encore aujourd’hui est que, sa famille étant riche, il aurait payé la justice pour avoir une peine aussi clémente.
Pensez-vous que KANG a tué KIM ? Même si cette histoire conserve des zones d’ombres, elle eut un fort impact dans la police qui commença à utiliser le polygraphe à partir de là. Est-il alors nécessaire que pour le progrès et le bien commun, des actes inhumains soient commis ? Donnez-nous votre avis en commentaire !
Journaliste : Pillet Anaïs
Sources : KSTATION TV, sous les photos