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Alors qu’une enfant est abandonnée par la justice, le peuple se rassemble pour la soutenir.

Fillette insouciante de huit ans, KIM NAYOUNG — alias pour préserver l’identité de la victime — menait une vie des plus tranquilles, vivant dans la ville paisible d’Ansan avec ses amis d’école. Innocente, et travaillant dur ses cours afin de rendre fiers ses parents, c’est le 11 décembre 2008 que sa vie bascula, et à jamais. Attention, la suite de l’article peut heurter la sensibilité, soyez avertis.
Sur le chemin de l’école, la jeune NAYOUNG est accostée par un homme dans la cinquantaine, à l’allure négligée dont émane d’entre ses lèvres une odeur forte et alcoolisée. Tous deux se trouvant aux abords d’une église, l’homme répondant au nom de CHO DOO SOON décide d’interpeller l’enfant pour l’inciter à aller prier avec lui. Ne connaissant pas l’adulte lui faisant face, NAYOUNG refuse, prétextant qu’elle doit se rendre à l’école, mais CHO n’en a que faire et décide de la traîner dans les toilettes du lieu de culte. Là, il violentera la pauvre petite pendant des heures. Tout d’abord, l’homme tenta d’insérer son sexe dans la bouche de l’enfant, mais celle-ci le mordant, il répondit par de violents coups afin de la plonger dans l’inconscience. Par la suite, il la viola à de nombreuses reprises, sans que ses méfaits ne soient remarqués de quiconque.

Le viol se poursuivit, CHO s’introduisant dans chaque orifice possible, dont les oreilles, puis essaya de l’étrangler pour mettre fin à ses jours. NAYOUNG s’accrochant à la vie, il plongea sa tête plusieurs fois dans les toilettes pour la noyer, là encore, sans succès. Préférant la laisser pour morte, et afin d’effacer les traces de son ADN dans le corps de la fillette, il se saisit d’un tuyau d’arrosage, et lui inséra dans le vagin et l’anus, ainsi qu’un débouche toilette, et en retirant le tuyau, les intestins de NAYOUNG sortirent avec. Paniqué, l’homme chercha à remettre en place l’intestin par l’anus de l’enfant, et la fit ensuite s’asseoir afin qu’il ne ressorte plus. Il finit ensuite par s’enfuir en la laissant inconsciente, non sans l’avoir violé une nouvelle fois.
NAYOUNG puisant dans ses dernières ressources, elle s’extirpa des toilettes de l’église, jusqu’à ce qu’un passant la retrouve et appelle les secours. Transféré dans un hôpital, les dommages sur son corps d’enfant étaient tels, qu’il eut fallu lui retirer les intestins, lui poser une stomie, et lui reconstruire un anus artificiel. De plus, 80% de ses organes reproducteurs ayant été détruit, elle ne pourra jamais enfanter une fois adulte. Malgré les précautions prises par CHO pour nettoyer la scène de crime et le corps de l’enfant, trois empreintes furent retrouvées et il fut immédiatement interpellé à son domicile. La presse apprenant le crime, c’est avec effroi que toute la Corée découvre la triste bataille menée par NAYOUNG pour survivre.

La stupeur du peuple ne fait que s’accroître lorsque l’on découvre que CHO n’est pas inconnu des services de police. En effet, l’homme a été par plusieurs fois arrêté et incarcéré. Né en 1952, il abandonne l’école alors qu’il n’est qu’au collège, et est arrêté pour le vol d’un vélo, puis pour extorsion d’argent auprès d’un vendeur dans la rue, qui lui fera passer un an et demi dans un centre de détention juvénile. À sa sortie, il passe huit mois de prison pour vol à l’étalage, et ses crimes prirent ensuite une tournure plus dramatique lorsqu’il est condamné à trois ans de sursit pour le viol d’une fille de 19 ans en 1983, et deux ans ferme pour le meurtre d’une personne âgée qui avait exprimé des opinions politiques différentes des siennes. Sa défense fut de plaider la folie, et il passa ces deux ans en hôpital psychiatrique. Au total, CHO reçut 18 formes de condamnations et amendes avant de s’en prendre à la pauvre NAYOUNG.
Multirécidiviste, le procureur demande la prison à vie, la peine de mort étant suspendue, mais en appel, le violeur reçu seulement douze ans de prison ferment, car il existe deux lois en Corée, la loi Joo Chi Gam Hyung et Sim Sin Mi Yak qui dit qu’une personne ne peut être responsable d’un crime si mentalement et/ou physiquement la personne est affaiblie, l’ingérence d’une substance altérant la conscience telle que l’alcool ou la drogue étant une circonstance atténuante. De ce fait, CHO a été considéré comme n’étant pas en pleine possession de ses moyens, et ne pouvant donc risquer la prison à vie malgré les horreurs qu’il a fait subir à la fillette. NAYOUNG, elle, vivra jusqu’à la fin de sa vie avec un handicape de niveau 3.

Lors des interrogatoires, et des prises de dépositions, la police a également été pointée du doigt pour son inaptitude à enregistrer le témoignage de l’enfant, qui dû le refaire à de multiples reprises. La police l’obligea à faire ses aveux assise, ce qui lui causa de fortes douleurs, sachant qu’elle dû se faire hospitaliser sur une durée totale de huit mois. Traumatisée, elle qui n’arrivait plus à formuler le moindre mot pendant des semaines suivant son agression communiquait beaucoup par dessins, mais fut contrainte d’assister au procès où CHO réfuta formellement les accusations d’agression malgré les preuves sans équivoque. Notamment, il dit ;
« J’ai vécu une vie compliquée en me reposant sur l’alcool, mais je ne suis pas le genre d’ordure qui viol une enfant de huit ans » – CHO DOO SOON
Cette affaire criminelle relança le débat des circonstances atténuantes liées à la consommation de stupéfiant ou d’alcool, là où en France par exemple c’est une circonstance aggravante. CHO continua de clamer qu’il n’avait aucun souvenir de l’attaque, et si NAYOUNG n’avait pas acquiescé lorsqu’on lui avait demandé si l’homme sentait l’alcool, ce dernier aurait sans doute reçu une peine à perpétuité. L’épouse de CHO est toujours restée à ses côtés, le soutenant, et le décrivant comme un homme gentil qui mérite une énième chance, compte tenu de ses nombreuses condamnations par le passé. Mais le peuple ayant gain de cause, le Special Act on Sexual Violence a été modifié en 2013, cinq ans après les faits, afin de bannir les réductions de peines en cas d’ébriété ou consommation de drogue. De plus, en 2019, le Cho Doo Soon Act a été promulgué pour qu’un suivi exclusif 24/7 soit effectué auprès des criminels sexuels une fois sortis de prison.

En 2013 également, un film s’inspirant fortement de cette affaire sortit au cinéma, du nom de Hope (Wish/소원). Il raconte les évènements du point de vue du père de NAYOUNG principalement, qui a toujours été très présent et investi pour défendre sa fille. Il attaqua en justice notamment la police qui mena les interrogatoires et les aveux pour le traumatisme supplémentaire qu’eut NAYOUNG à devoir relater encore et encore les viols, et gagna trois ans plus tard pour sa fille le procès qui lui fit toucher 13 millions de dollars en dédommagement. En 2017, une pétition adressée au gouvernement récolta plus de 615.000 signatures contre la libération de CHO, et pour qu’il soit rejugé. Toutefois, il est impossible qu’un individu soit rejugé pour le même crime en Corée, donc afin que CHO retourne en prison, il devra commettre un crime à nouveau.
C’est donc le 13 décembre 2020 que le criminel sort de prison, étant tout de même condamné au port d’un bracelet électronique pendant sept ans, et devant être 24/7 surveillé. La chaîne MBC révéla alors pour la première fois sa photo à la télé, procédure coréenne qui dit que le peuple est en droit de connaître l’identité de grands criminels à leur sortie de prison. L’homme décidant de retourner vivre chez son épouse, il se retrouve alors à quelques pas d’une école primaire, et surtout de la famille de NAYOUNG qui décida de déménager prestement pour ne plus être au contact du violeur de leur fille. Quant à l’épouse de CHO, elle déclara lors d’un interview pour Yonhap News ;
« Il n’a jamais déchaîné sa colère et il a été reconnu comme une personne polie » — Épouse de CHO DOO SOON
Des dizaines de personnes protestèrent à sa sortie de prison avec des panneaux devant le centre carcéral pour demander à ce qu’il soit castré chimiquement et des habitants d’Ansan déclarèrent également qu’ils vivaient dans la peur maintenant que CHO était libéré. L’homme âgé alors de 68 ans dû être escorté par la police qui mit également en place un système de barricade, car les habitants d’Ansan lui lancèrent des œufs, montèrent sur les voitures pour essayer de l’atteindre, et lorsqu’on lui demanda s’il regrettait ses actes, il resta silencieux, et ne fit que deux courbettes. La ville fit installer 15 nouvelles CCTV, et 30 lampadaires supplémentaires et un poste de garde a été installé devant la maison de son épouse. 150 youtubeurs se rendirent également chez lui pour surveiller ses faits et gestes, et certains essayèrent même de l’empoisonner à l’aide de bombonnes de gaz, en vain.

Toutefois, il semblerait que le peuple eut gain de cause d’une manière ou d’une autre, ainsi que NAYOUNG, car récemment, CHO a été condamné à repasser un an derrière les barreaux pour ne pas avoir respecté son couvre-feu de 40 minutes. Bien que cela ne rachètera pas ce qu’il a fait subir à la fillette qui aujourd’hui rêve de devenir médecin, savoir que ce monstre sera pendant encore une année emprisonné redonne un peu d’espoir à la population.
Journaliste : Pillet Anaïs
Sources : KSTATION TV, voir sous photos