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Lorsqu’une jeune femme obtient le score le plus haut jamais enregistré au test de psychopathie, sa beauté peut-elle la sauver ?

Le « Larousse Médical » décrit la psychopathie comme étant :
« État de déséquilibre psychologique caractérisé par des tendances asociales sans déficit intellectuel ni atteinte psychotique. Selon les psychanalystes, le psychopathe serait soumis à une « morale archaïque » toute-puissante, l’incitant à rechercher un milieu marginal, mais coercitif, en conflit avec l’ordre établi. »
Selon le psychologue canadien ROBERT HARE, une personne peut être jugée comme étant psychopathe à l’aide d’un test nommé PCL-R doté d’un barème en vingt facteurs, obtenant chacun entre 0 et 2 points. Un individu peut alors recevoir plus ou moins de points selon s’il possède des traits minimes ou certains en psychopathie. Dans son ouvrage « The Hare Psychopathie Cheklist-Revised » publié en 2003, HARE met en avant les facteurs suivants :
- Éclat/Charme superficiel
- Égocentrisme/Impression et valeur de soi grandiose
- Tendance à l’ennui/Faible tolérance à la frustration
- Mensonge pathologie et tromperie
- Escroquerie/Manque de sincérité
- Absence de remords ou de culpabilité
- Manque d’affect et de profondeur émotionnelle
- Insensible/Manque d’empathie
- Mode de vie parasitaire
- Colérique/Mauvais contrôles comportementaux
- Antécédents de promiscuité sexuelle
- Antécédents de problèmes précoces comportementaux
- Manque de buts réalistes sur le long terme
- Impulsivité
- Comportement irresponsable
- Relations conjugales fréquentes
- Historique de délinquance juvénile
- Révocation de la libération conditionnelle
- Défaut d’accepter la responsabilité de ses actions
- Nombreux types d’infractions (drogue, alcool, etc.)
Chacun de ses facteurs permet de mettre en avant quatre grandes catégories : le lien interpersonnel, le lien affectif, le mode de vie, et l’asociabilité. Le cas criminel abordé aujourd’hui est celui d’une jeune femme, surnommée EOM. Son identité ainsi que son visage n’ayant jamais été dévoilés au public, peu d’informations sont disponibles à son propos, si ce n’est qu’elle serait dotée d’une grande beauté, comparable à celles des actrices les plus célèbres. De même, toutes les victimes et personnes étant concernées par cette affaire n’ont pas été dévoilées. Mais ce qui rend EOM si particulière est son résultat édifiant au test de PCL-R, n’obtenant pas moins que 40/40 aux vingt facteurs mentionnés précédemment. Seule femme ayant obtenu un score parfait, sa soif d’argent a eu raison du meurtre de nombreuses personnes.

EOM est né en 1976, au cœur d’une famille plutôt riche. Après avoir terminé le lycée, elle fugue de chez sa mère, et commence à travailler en tant que représentante en vente d’assurances, et mène rapidement une vie au-dessus de ses moyens, dépensant l’argent comme s’il n’y avait pas de lendemain, et faisant la fête à outrance. Se retrouvant rapidement sans le sou, elle décide de se mettre en quête d’un époux qui pourrait l’entretenir. Son choix s’arrête sur un jeune homme début de la vingtaine, comme elle, et déficient intellectuel. Trouvant être le candidat parfait, et son handicap étant léger, elle l’épouse et rapidement une petite fille vient agrandir la famille.
Les dépenses s’intensifièrent, et le dédain qu’à EOM pour son mari s’accrut. Alors qu’elle n’a que trois ans, sa fille décède tragiquement en tombant d’un bureau, sa mort marquant le début d’une série de décès mystérieux qui viendront entourer EOM par la suite. La jeune femme qui souhaita d’abord divorcer eut alors une idée brillante : elle qui avait appris les rouages en matière d’assurance pouvait gagner rapidement beaucoup d’argent à la suite d’accidents domestiques, les plus payants étant la mort, la cécité, la surdité, et la destruction des biens matériels ou les blessures liées au feu. Les plans commencent alors à fuser dans son esprit diabolique, et très rapidement, son mari en fera les frais.
Un jour, l’homme tombe violemment dans les escaliers et à la suite d’une visite à l’hôpital, touche près de 230€ en dédommagement des assurances. Puis, de manières inexpliquées, chuta à deux reprises et eu des contusions[1] qui le laissèrent sans souvenirs des accidents. Les sommes versées par l’assurance n’étant pas suffisantes aux yeux de EOM, elle prépara un cocktail de somnifères et d’antidépresseurs pour son époux qui, plongé dans un sommeil de plomb, se réveilla avec d’atroces douleurs aux yeux : EOM lui avait planté des épingles à nourrice dans les orbites.

Conduit à l’hôpital, c’est avec peine qu’on lui annonça qu’il ne retrouverait jamais la vue. Aveugle, il se fit convaincre par EOM que tout ceci n’était qu’un malheureux accident, et pour prouver l’épouse aimante qu’elle était, resta fidèlement à son chevet pendant son rétablissement. Sa belle-famille trouva qu’elle était une épouse des plus exemplaires, qui subissait coup sur coup la mort de sa fille et le handicap de son mari. Lorsque l’homme fut remis de ses blessures, EOM le raccompagna chez eux, et quelques jours après, l’ébouillanta en lui lançant au visage une casserole d’eau en ébullition. Survivant, c’est espacé de plusieurs jours qu’elle le poignarda avec un couteau de cuisine à trois reprises, EOM se défendant en soulignant le fait que son époux avait une déficience mentale et qu’à la suite de son handicap, il cherchait à s’ôter la vie.
Alors qu’il était à l’hôpital pour sa blessure à l’arme blanche, il finit par mourir de cellulite infectieuse[2] en mai 2000. EOM n’a que 24 ans lorsqu’elle devient veuve, mais se réconforte rapidement en percevant l’assurance décès de son mari à hauteur de 230.000.000 de wons, soit près de 153.000€. Pour la famille du défunt, jamais EOM qui était si douce, attentionnée, gentille et belle ne pouvait être en lien avec la tragique mort de son mari. Après tout, en étant nouvellement aveugle, les accidents domestiques pouvaient facilement survenir. Un mois plus tard, alors qu’elle profitait de sa richesse entre le shopping onéreux et les sorties, elle rencontra un homme qui deviendra rapidement son nouvel époux, en boîte de nuit. N’étant pas au courant du passé d’EOM, il l’épousa et fut comblé lorsqu’elle tomba enceinte en quelques mois. Un an ne s’était pas passé depuis la mort du premier mari qu’EOM se lassa de nouveau, et prépara son prochain coup.
Après avoir reçu une boisson si affectueusement préparée par sa belle épouse, l’homme sombra dans le plus profond des sommeils, seulement pour se réveiller aveugle après avoir eu des aiguilles de couture plantées dans les yeux. EOM resta à ses côtés chaque instant pendant son séjour à l’hôpital, mais il n’eut pas le temps d’en sortir puisqu’il décéda subitement de cellulite infectieuse. Peinés, ses parents incitèrent EOM à avorter, mais elle refusa et célébra même un mariage à titre posthume en l’honneur de son défunt mari. Puis, elle accoucha d’un petit garçon. Aussitôt l’assurance décès perçue, elle coupa les ponts avec sa belle-famille et décida de changer de stratégie pour son prochain butin.

Être deux fois veuves en un an finirait par attirer l’attention, alors elle décida d’attaquer cette fois-ci sa propre famille. C’était déjà le cas, car ses beaux-parents commençaient à se méfier en découvrant qu’elle avait menti sur son passé — son éducation, sa famille, son travail —, et qu’elle avait demandé un certificat de mariage alors que son mari était à l’hôpital, certificat essentiel pour les assurances. EOM recommença son mode de vie luxueux, et après avoir préparé un thé rempli de médicaments pour sa mère, lui planta une seringue dans les yeux. Son grand frère, lui, eut de l’acide chlorhydrique versé dans les yeux, et tous deux devinrent aveugles.
La police commença à constater le lien étrange entre toutes ces personnes dans l’entourage proche d’EOM qui perdaient mystérieusement la vue. Alors que le grand frère fut entendu par la police, elle décida d’attendre qu’il soit après seul chez son petit frère pour mettre le feu à l’appartement. Les deux jeunes hommes survécurent, mais finirent grièvement brûlés. Elle parvint également à convaincre sa mère de vendre son appartement, et dilapida cet argent dans du shopping. EOM se rendit alors chez l’ancienne baby-sitter de sa fille, lui racontant l’incendie en pleurant pour l’implorer de lui offrir l’hospitalité pendant un mois, le temps qu’elle trouve un nouvel endroit où vivre. Avec pitié, la baby-sitter accepta, et pendant un mois, EOM ne commit pas le moindre écart de conduite.
Le trentième jour, celui où EOM devait quitter l’appartement de la baby-sitter, elle y mit le feu : le mari décéda dans l’incendie, et la fillette de la baby-sitter subit de lourdes brûlures. On découvrit également que le deuxième mari d’EOM avait lui aussi souffert de contusion et s’était rendu plusieurs fois à l’hôpital avant de mourir pour des blessures domestiques. En tout, entre la mort de ses deux époux, et les blessures de sa mère et de ses deux frères, elle reçut de la part de l’assurance 596.000.000 wons, près de 397.800€, sur presque cinq ans.

Son fils fut alors diagnostiqué de la maladie de Kawasaki, caractérisée par une inflammation des vaisseaux sanguins dans tout le corps et affectant majoritairement les enfants, qui ont alors fièvre, éruptions cutanées, et parfois des complications cardiaques. Elle le guérit toutefois facilement à l’aide d’aspirines et d’immunoglobuline. EOM dépensa tout ce qu’il restait de son argent dans des traitements pour son fils, allant même jusqu’à voler la carte bleue d’une dame qu’elle rencontra à l’hôpital. Malgré tout, son fils mourut mystérieusement, et EOM joua de son charme auprès de la dame pour qu’elle accepte ses excuses ; prétextant avoir agi en mère désespérée devant la détresse de son enfant. Encore une fois, la belle jeune femme fut prise en pitié et un toit lui fut offert.
Alors qu’elle avait promis qu’elle rembourserait tous les frais engagés sur la carte bleue volée — sachant qu’elle avait fait du shopping avec en plus de payer l’hôpital —, EOM préféra tuer la dame, et lui fit boire le cocktail maudit. Des aiguilles plantées dans les yeux, la dame put réagir assez rapidement pour se précipiter aux urgences et ne perdre que partiellement la vue. Désespérée, car se sachant bientôt dénoncée, EOM décida de mettre le feu à l’hôpital, en février 2005, et fut arrêté après que les caméras de vidéos surveillances la prouvait en train d’allumer l’incendie, qui heureusement ne fit aucune victime.
Acculée par la police, EOM commença à expliquer qu’elle avait besoin d’argent pour acheter et consommer de la drogue, mais après des tests poussés, aucune trace de stupéfiants ne fut trouvée dans son organisme. Alors, elle plaida la folie, la mort de sa fille l’ayant fait décompenser. Le test PCL-R permit de mettre en avant sa psychopathie sévère et elle fut également diagnostiquée d’un trouble de la personnalité borderline : affection mentale caractérisée par un schéma omniprésent d’instabilité dans les relations, l’image de soi, les humeurs, le comportement et l’hypersensibilité à la possibilité du rejet et de l’abandon. EOM fut donc condamnée à la prison à vie, après que son petit frère est fait une déposition judiciaire à son encontre.
Lors de son procès, elle ne s’excusa jamais auprès de sa famille et de celles des nombreuses victimes concernées. Âgée de 29 ans lors de son arrestation, on lui reconnut les victimes suivantes :
|
MORTS |
BLESSÉS |
| 1er époux | Mère (aveugle) |
| 2ème époux | Grand frère (aveugle + brûlé) |
| Mari de la baby-sitter | Petit frère (brûlé) |
| Enfants (morts criminelles non prouvées) | Dame de l’hôpital (semi-cécité) |
| Baby-sitter et sa fille (brûlées) |
Aujourd’hui, bien que son identité reste toujours secrète, la beauté d’EOM est entrée dans la légende, lui ayant permis d’amadouer hommes, femmes, et sa propre-famille. Certains pensent même que la mort de ses enfants n’est pas si accidentelle que cela. Et vous, seriez-vous prêt à subir le PCL-R et de faire face à son terrible résultat ?
[1] Lésion cérébrale traumatique résultant en une ecchymose du tissu cérébral lié à une absence de troubles consécutifs à un choc.
[2] Inflammation sévère et diffuse des tissus conjonctifs de la couche dermique et sous-cutanée.
Journaliste : Pillet Anaïs
Photos : Sous photos
Sources : KSTATION TV