LaShawna Covey
Prenez garde, car vous pourriez bien perdre la vie en ce lieu maudit.

Gonjiam est un lieu qui était en apparence mystérieux, voire même lugubre. Plongé aux abords d’une forêt, le bâtiment de trois étages était petit, à la façade blanchâtre, aux canalisations d’où l’on pouvait, paraît-il, entendre des hurlements sinistres se perdant au cœur de la nuit si l’on daignait s’en approcher de trop près. Car oui, Gonjiam n’est pas un endroit comme les autres bien au contraire. Il fut sélectionné en 2012 par la CNN comme un des dix lieux les plus effrayants de la planète, car abritant nombre de fantômes et autres curiosités. Gonjiam, accrochez-vous, n’est autre qu’un hôpital psychiatrique laissé à l’abandon (곤지암 남양신경정신병원).
Ouvert le 9 décembre 1992, c’est à peine quatre ans plus tard, le 2 juillet 1996, que l’hôpital a fermé soudainement ses portes. Pourtant, sa construction prie une décennie, alors pourquoi se hâter de le quitter aussi rapidement ? Initialement, l’hôpital a fermé à la suite de problèmes légaux après que le « Waterworks Act » fut passé à l’Assemblée Nationale disant que la loi a pour objet d’améliorer l’assainissement public et de contribuer ainsi à l’amélioration du cadre de vie par l’élaboration d’un plan global d’approvisionnement en eau et d’installation des ouvrages hydrauliques, et l’installation et la gestion appropriées et raisonnables des installations hydrauliques. La loi fut à plusieurs reprises modifiée et mise à jour, mais les canalisations du bâtiment ont été à l’origine du problème : de sa fermeture, et de ses légendes.
« La menace n’est pas les fantômes, mais la police, les voisins, même nous. » – RON BANDUN

Parmi les légendes, on parle de morts mystérieuses et de médecins devenant tout aussi fous que les patients. De plus, les coûts d’entretiens du bâtiment ont précipité sa fermeture en plus des problèmes judiciaires. Cela a poussé le propriétaire à fuir la Corée afin de ne pas subir les sanctions juridiques et dès lors, Gonjiam fut abandonné. Ce nouveau « terrain de jeu » attira grandement l’attention des amateurs d’URBEX (exploration urbaine) qui raffolent de lieux déserts et figés dans le temps. 11.000m² s’ouvrent alors à eux : un bâtiment principal, deux secondaires, et le toit offrant une vue imprenable sur la forêt environnante.
L’insalubrité du lieu a renforcé son côté lugubre, ce qui a attiré au fil des ans de plus en plus de personnes pour y faire des photos et vidéos, ce qui a alimenté également les légendes urbaines. Même si officiellement il est interdit de s’y rendre, l’URBEX n’étant pas reconnue comme étant légale en Corée, cela n’arrête pas les fans du genre. Malgré tout, le quotidien des patients, et ce qu’ils sont devenus, reste un mystère à la suite de la fuite du propriétaire. On a commencé alors à dire que les patients sont morts subitement de causes inconnues, et qu’ils étaient maintenus séquestrés dans l’hôpital. Aucune enquête n’a pourtant été menée.

Sur les murs, on pouvait y voir des dessins de personnages horrifiques, et des traces de mains ensanglantées, alourdissant l’atmosphère de Gonjiam. Les courageux explorateurs ont agrémenté le bâtiment de graffitis et rapidement, il fut compliqué de distinguer les dessins du passé et ceux du présent. En 2008, une émission coréenne du nom de « Ghost Spot » y fut tournée, la présentatrice n’étant autre qu’une shaman afin de souligner davantage la présence d’esprits tourmentés. Parmi les phénomènes paranormaux recensés, on trouve : des ombres et apparitions fantasmagoriques, des voix et murmures, des chutes de température soudaines, et de curieuses activités électromagnétiques.
Mais cela n’arrêta pas les visiteurs, au contraire. Les fans d’URBEX du monde entier affluèrent, visitant l’hôpital abandonné particulièrement la nuit, criant au moindre bruit et se filmant en train de vivre des évènements étranges. Les nuisances sonores furent telles que le voisinage somma le gouvernement de fermer définitivement l’accès au lieu. Un grillage fut installé et des cadenas posés, mais ils furent rapidement cassés afin de continuer de s’infiltrer sur les lieux. La police a été mandatée pour arrêter les passeurs, et des caméras furent installées, en vain.
Au final, les villageois ne parvenaient plus à dormir, le bruit des tournages, les cris, et les chiens aboyant au cours de la nuit les réveillant sans cesse. L’article de la CNN y est pour beaucoup, car les lieux cités dedans comme étant les plus étranges au monde ont rapidement vu accroître le nombre de visiteurs indésirables. En outre, des chaînes de télés coréennes ont commencé à propager des rumeurs comme quoi le propriétaire ne s’était en réalité jamais enfui (vers les États-Unis), mais s’était en réalité suicidé dans l’hôpital. On racont aussi que l’eau sur les murs s’écoulait horizontalement et qu’un esprit vengeur cherchait à obtenir justice pour les sévices reçus lorsqu’il était patient.

La Corée finit naturellement par établir son propre classement des lieux les plus étranges et hantés du pays, Gonjiam figurant à la première place suivie du Golden Ranch de Ganghwa-gun (maison abandonnée) et de Jecheon Neulbomgalbi (restaurant abandonné) de Chungcheongbuk-do. Bien que le Golden Ranch ne possède pas d’histoire particulière, les gens commencèrent également à s’y rendre et pillèrent les lieux, mais concernant le restaurant, on raconte qu’à la mort de la fille de deux employés, qui était déjà dans un état végétatif à cause d’un handicape, les employés perdirent la vie dans un accident de voiture la même semaine et le propriétaire se suicida en inhalant le gaz de la cuisine. Le Ranch fut détruit, et le restaurant racheté et rénové.
Dans ce classement des lieux mystérieux abandonnés en Corée, on retrouve d’autres maisons (comme Yeongdeok Hungga), une piscine (de l’université SNU, qui a servi de lieu de tournage à BTS pour l’album « THE MOST BEAUTIFUL MOMENT IN LIFE », aujourd’hui détruite), et un parc d’attractions (Yongma Land). Concernant l’hôpital, on considère que plus de 10.000 personnes l’ont visité sur une période de vingt ans. L’état des chambres et des locaux, où l’on trouvait encore couvertures et peluches, laisse à penser qu’il a été abandonné dans la précipitation. Serait-ce dû à plus qu’un problème d’eau et de litige financier économique ? À l’époque, le gouvernement n’accorda que 1% de son budget annuel aux soins psychiatriques, donc une faillite financière semble tout à fait probable.

La pile des dossiers des patients ayant vécu entre ces murs ne nous donnera pas plus d’information, si ce n’est leur état de santé qui concernait principalement des maladies telles que la syphilis. La chambre 206 devint nid d’esprits, car on raconta que les patients qui y entraient n’en ressortaient pas vivants, et que le propriétaire les tua avant de fuir le pays. Certains explorateurs parlèrent de leurs caméras et appareils qui cessaient de fonctionner subitement à chaque flash déclenché. On proposa alors au propriétaire de vendre l’hôpital afin de tourner le bâtiment en attraction horrifique, mais l’idée fut abandonnée à la suite de plaintes des voisins qui ne souhaitaient pas voir encore plus de visiteurs importuner leur quotidien.

Comme annoncé précédemment, la CNN le plaça dans son top 10 des lieux les plus hantés de la planète, au côté de
– Sedlec Ossuary (République Tchèque)
– Island of Dolls (Mexique)
– Catacombs of Paris (France)
– Aokigahara (Japon)
– Accodese and the Foundry (Togo)
– Pobelha (Italy)
– Gunkanjima (Japan)
– Pripyat (Ukraine)
– The gates of hell (Turkménistan)

Toutefois, après une série de plusieurs accidents dans les ruines du bâtiment, il fut détruit par le gouvernement en mai 2018. Gonjiam n’existe désormais que dans les souvenirs des gens l’ayant visité, et à travers un film fictionnel à sa mémoire « Gonjiam : Haunted Asylum » sortie l’année de sa destruction. Le film suscita beaucoup d’intérêt à l’international, car jugé comme effrayant, même si une grande majorité du tournage fut réalisé à la Busan National Maritime High School. Aujourd’hui, un centre de logistique de l’entreprise Coupang a été ouvert sur les ruines de l’hôpital, afin que plus personne ne cherche à faire revivre les légendes urbaines du passé.

Le seul endroit où il est aujourd’hui légal de faire de l’URBEX en Corée reste le parc d’attractions semi-abandonné Yongma Land. Ouvert entre 1980 et 2011, il fit faillite après que des parcs plus importants aient vu le jour (Lotte World, Seoul Land, Everland). Il est toujours possible de s’y rentre moyennement des frais d’entrées de 10.000₩ afin de se plonger dans les attractions désormais à l’arrêt pour y prendre des photos. Le propriétaire actuel étant lui-même un ancien photographe professionnel, il reste à l’écoute et offre des conseils pour réussir vos clichés. De plus, le parc sert aujourd’hui à de nombreux lieux de tournages de drama et de clip Kpop !

Les plus connus sont « Like OOH-AHH » de TWICE, « Bar bar bar » de CRAYON POP, « 1004 » de B.A.P, et concernant les dramas on peut retrouver par exemple « Sisyphus : The Myth » ainsi que « The Sound of Magic ». Enfin, parmi les groupes ayant fait des shootings photos au cœur des attractions, on retrouve BTS, EXO, GOT7, PENTAGON, LOVELYZ, RED VELVET ou encore GFRIEND. Si vous êtes amateur d’URBEX, qu’attendez-vous pour vous y rendre ? À seulement 30min de Séoul, Yongma Land vous attend !

Êtes-vous amateur d’URBEX vous-même? Quels sont selon vous les endroits les plus effrayants de la planète ? Dîtes-le nous en commentaire !
Journaliste : Pillet Anaïs
Sources : KSTATION TV, sous les photos