대구일보
Ce nouveau hors-série pour la rentrée nous plonge dans l’histoire féodale de la Corée, et la genèse d’une armée de soldats d’élite appelée HWARANG. Plongez sans plus attendre dans ce système aristocratique du royaume de Silla qui s’institutionnalise en 576, sous le règne du roi JINHEUNG.

La Corée n’a pas toujours été la péninsule calme que l’on connaît aujourd’hui, malgré sa douloureuse séparation avec le Nord. Autrefois, le pays était coupé en quatre royaumes : Goguryeo, Baekje, Silla et Gaya. Gaya se faisant envahir par Silla, on nommera cette dynastie, qui datait de 57 avant J.C à 668, la période des Trois Royaumes. C’est dans ce contexte particulier, entre guerres et alliances politiques, que le roi JINHEUNG (régnant de 540 à 576) décide de développer un système militaire afin de renforcer le pouvoir de Silla, le plus petit des Trois Royaumes. Étant monté sur le trône à l’âge de seulement 7 ans, c’est sa mère la reine JISO qui assure la régence du pays, face à une élite aristocratique méfiante et cherchant à prendre le pouvoir. Rapidement, il faut donc développer un stratagème pour contrôler les riches d’un côté, les royaumes ennemis de l’autre. C’est ainsi que naissent les HWARANG.
« Le but était de maximiser leur potentiel humain dans tous les aspects, et ils apprenaient la guerre, la philosophie, la littérature et les arts » —DANIELLE TARTARUGA, reporter

Le règne de JINHEUNG, un des plus longs de la dynastie (36 ans), va se caractériser également par le développement du bouddhisme dans le territoire, une des valeurs qui s’inscrit dans le code d’honneur des HWARANG, qui évoluera au fil des années. Un des textes clefs de l’histoire de la Corée est le « Samguk Sagi », le plus vieux texte officiel du pays qui constitue une chronique des Trois Royaumes, rédigé par KIM BUSIK en 1145, divisé en cinquante volumes (annales, chronologies, rites et institutions, ainsi que biographies). Dedans, on y raconte le développement des royaumes, mais aussi des HWARANG, ainsi que les termes importants pour comprendre leur système :
- HWARANG : chef militaire
- NANGDO : soldats sous l’ordre d’un HWARANG
- HWARANGDO : unité incorporant HWARANG et NANGDO
- GUKSEON : chef des HWARANG
- PUNGWOLDO : code spirituel du HWARANGDO
- SESOK OGYE : code moral du HWARANGDO
L’institut national de l’histoire de Corée souligne pourtant l’existence d’un système militaire existant avant celui des HWARANG, répondant au nom de WONHWA. Les WONHWA étaient deux femmes réputées pour leur beauté à la tête d’un groupe de trois cents soldats. Prénommées NAMMO et JUNJEONG elles qui symbolisaient la naissance d’une nouvelle armée marquèrent également sa fin, au profit de la création des HWARANG. En effet, le « Samguk Sagi » décrit une rivalité maladive entre les deux femmes, si bien que JUNJEONG finit par tuer NAMMO après l’avoir alcoolisé et jeté dans une rivière. JUNJEONG fut alors condamnée à mort, et l’armée démantelée. Après cet évènement, des hommes furent sélectionnés, formant les HWARANG, bien qu’initialement choisis pour leur beauté délicate masculine dans un premier temps également.
« Parmi les fils de familles nobles, ceux qui étaient beaux étaient choisis. Ils se mettaient de la poudre et s’ornaient joliment, et on leur donnait le nom de HWARANG » – LINGHU CHENG, fonctionnaire de la dynastie Tang

Mais la beauté n’était pas tout. Les HWARANG permettaient surtout d’identifier les jeunes aristocrates qui étaient un jour susceptibles de devenir fonctionnaires, chefs militaires ou encore conseillers du roi. Durant leurs années passées en tant que soldats, ils étaient surveillés, ce qui fait que l’on peut considérer le HWARANGDO comme une unité formant les futurs dirigeants du royaume. Ainsi, leur enseignement comportait de l’équitation, de la chasse, du chant, de la danse, des activités physiques et martiales (Gwonbeop), ainsi que des pèlerinages allant parfois jusqu’en Inde ou en Chine pour se connecter à la nature, pour le bouddhisme. Selon le professeur KIM SANG YOUNG, le HWARANGDO peut être ainsi décrit comme étant « la poursuite de l’intégrité, la pureté, et l’honnêteté ».
Un HWARANG, pendant son propre apprentissage, pouvait gérer jusqu’à mille NANGDO, malgré son très jeune âge qui pouvait atteindre les 13 ans. Il devait développer ses qualités de chef en appliquant cinq valeurs clefs formant le « Sesok Ogye » :
- Servir le roi avec loyauté (사군이충)
- Servir ses parents avec piété filiale (사친이효)
- Traiter ses amis avec confiance (교우이신)
- Ne pas fuir devant l’ennemi (임전무퇴)
- Ne pas tuer indistinctement (살생유택)
Quant au « Pungwoldo », il repose sur l’enseignement du bouddhisme, mais aussi du confucianisme et du taoïsme, afin de tirer parti du meilleur des trois textes. Le « Samguk Sagi » résume ainsi le code du HWARANGDO comme étant basé sur la piété familiale, la loyauté politique, l’enseignement moral, la spiritualité, et la culture. De plus, il était étroitement lié au Hyangga, de la poésie ancienne chantée dans le royaume de Silla. Rapidement, les HWARANG gagnent le titre de « flower boys », le hwa se traduisant par fleur. C’est lors de la période d’expansion de Silla qu’ils gagneront en importance.

Un des HWARANG les plus connus étaient SADAEHAM, chef d’environ mille NANGDO et participant à une campagne militaire pour conquérir le royaume de Gaya en 562. Il est devenu célèbre pour sa bravoure, seulement adolescent à l’époque, mais aussi son code moral honorable. En effet, JINHEUNG lui accorda des terres et des prisonniers de guerre à l’issue de la campagne, SADAEHAM demandant la libération des prisonniers et refusant une partie des terres. Le HWARANGDO devient à la fois symbole militaire, mais aussi moral, où l’honneur et la bravoure permettaient la réussite de Silla. On constate alors que, bien que l’institutionnalisation des HWARANG date de 576, ils existaient déjà quelques années avant.
D’autres HWARANG célèbres comportaient GWANCHANG (guerre avec le royaume de Baekje), KIM HEUMUN (importance posthume) et KIM YUSIN, le plus connu de tous, qui permit, parmi d’autres, d’unir la Corée en participant aux guerres contre tous les royaumes, mais aussi contre l’empire Tang en Chine. Devenu HWARANG à 15 ans, il accède au titre de GUKSEON seulement trois ans plus tard, et sera enterré comme un roi en remerciement pour son sacrifice et ses exploits en tant que chef de l’armée de Silla en 645. Sa sœur épousa même le futur roi TAEJONG MUYEOL.

JINHEUNG cherchant à contrôler toute la péninsule, le besoin de guerriers se fait ressentir, et les HWARANG sont une réponse directe à cette problématique. Véritables soldats d’élite formés dans l’art de la guerre, en arts martiaux, et excellant au tir à l’arc à cheval, ils aident considérablement Silla à devenir le royaume le plus puissant, jusqu’à former la dynastie Silla unifié.
« Ils ont été formés pour devenir les guerriers-érudits parfaits, le meilleur de ce qu’un être humain peut devenir. » – LEE BANGJOO, fondateur du hwarangdo.
Après les conflits d’unification, le HWARANGDO perd peu à peu son aspect militaire, au profit administratif. Ce système finit par complètement disparaître sous la dynastie Joseon (1392-1910), mais l’art martial hwarangdo permit de remettre à l’honneur les HWARANG au 20° siècle. Cet art martial s’inspirant des préceptes du HWARANGDO est orienté autour de quatre fondamentaux :
- Pouvoirs internes (Naegong) : développement de l’énergie ki
- Puissances extérieures (Waegong) : techniques physiques
- Puissances mentales (Shingong) : développement mental de la conscience supérieure
- Puissances d’armes (Mugigong) : contrôle d’objets externes
Grâce à cette institution, JINHEUNG permet à son royaume, Silla, de gagner en force et en prospérité. Lors des décennies qui suivirent, les HWARANG aidèrent les souverains à conquérir la péninsule, permettant à un royaume petit en taille de devenir la plus grande puissance en Corée, jusqu’à unifier tout le pays et s’imposer face à la Chine. En 1989 et 1995, des annales historiques sur les HWARANG furent rendues publiques, ce qui permit aux Coréens d’en découvrir davantage sur leur histoire. Ces textes sont appelés « Hwarang Segi », bien que certains spécialistes soient sceptiques face à leur authenticité. Malgré tout, l’engouement était là, si bien qu’un drama fut tourné en 2016 ; « Hwarang: the Beginning », avec PARK SEOJOON, PARK HYUNGSIK, GO ARA et V de BTS.

Connaissiez-vous les HWARANG ? Que pensez-vous de cette doctrine militaire basée sur l’art et la philosophie ? Partagez vos impressions en commentaire !
Journaliste : Pillet Anaïs
Sources : KSTATION TV, sous les photos, en hyperliens